Archive de la performance
La performance : vie de l'archive et actualité
Performance : life, archives and actuality
Publié le vendredi 13 juillet 2012 par Loïc Le Pape
À l'occasion de l'exposition « À la vie délibérée ! Une histoire de la performance sur la Côte d'azur de 1951 à 2011 », l’AICA France et la Villa Arson (Nice) s’associent pour promouvoir et susciter de nouvelles recherches sur la performance, alors même que l’école d’art de la Villa Arson explore les pratiques artistiques usant des techniques de corps, de la représentation, et de la connaissance. Une triangulation de disciplines (celles de l’artiste, du burlesque, du sportif) et de compétences (iconique, physique, cognitive) permettant d’interroger le statut de la performance aujourd’hui, et plus largement l’usage qui est fait du terme même de performance, on le sait problématique, mais qui a fait florès.
Colloque AICA France - Villa Arson / 25-26 octobre 2012 : Appel à communications
Dans les ouvrages d’histoire et théorie de l’art, la performance est souvent isolée des autres courants et moyens d’expression, elle est traitée à part, parfois même ignorée. La performance a longtemps été « l’Autre » des beaux arts. Pourtant, la performance, quelque nom qu’on ait pu lui donner (le terme apparaît tardivement), et quelque forme singulière qu’elle ait prise, se déploie à travers le temps en épousant, ou en croisant, la plupart des grands courants de l'art de la seconde moitié du 20e siècle à nos jours (les soixante dernières années). Au-delà de sa spécificité – peut-être à démontrer – quelles relations la performance entretient-elle avec les grands mouvements du 20e siècle ? Quel est l’apport de points de vue centrés sur les spécificités locales (la méditerranée, la côte Est et la côte Ouest aux USA, le Japon, la Chine… ), et de leur recoupement avec la chronologie ? La dimension éphémère de la performance — qui en fait par nature un art lié à l’instant, et à la mémoire de l’instant vécu — si elle n’est souvent accessible qu’à partir de documentations parcellaires ou de récits propices aux mythes et aux légendes, nécessite pour l’historien une prudence méthodologique quant aux faits réels. Qu’en est-il du commissaire d’exposition se confrontant à l’archive lorsqu’il vise à réactiver l’énergie disparue ? Y a-t-il contradiction entre le patrimoine que constituerait l’histoire de la performance et une présentation à partir de ces documents et récits ? Les passages transdisciplinaires aujourd’hui perceptibles dans l’espace scénique sont-ils une revitalisation du genre visant, comme la performance dans les années 70, à remettre en cause les codes de la représentation et de l’expression, ou le retour à un des territoires nourriciers de l’art action (le théâtre d’Alfred Jarry et celui d’Antonin Artaud ou plus près de nous le Judson Dance Theater pour la danse) ?
La performance, une fois passé le moment de l’expérience, une fois passé l’ici et maintenant privilégié (ou non) de l’art comme expérience partagée entre artistes et spectateurs, n’est-elle pas avec ce qui la caractérise le plus — le geste — un moyen de faire « exploser les cadres » en ouvrant « des intervalles heuristiques », dirait Georges Didi-Huberman en écho à l’atlas d’Aby Warburg ? La performance n’est-elle pas ce mode d’expression qui, par excellence, a pris en compte l’injonction de Walter Benjamin à l’auteur : « son travail ne sera jamais uniquement le travail sur des produits mais toujours en même temps un travail sur les moyens de production » ?
Merci d’adresser votre proposition de communication d’une page maximum (soit 1500 signes) au bureau de l’AICA France (joindre un CV synthétique n’excédant pas une page) aica.france@gmail.com Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.