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Le Blog du corps

Actualité de la recherche sur le corps en SHS (ISSN : 2269-8337)

Publié le par leblogducorps.over-blog.com
http://1.bp.blogspot.com/_i2Uj3BhXIa8/TGmW61xSKiI/AAAAAAAABqs/rm77DcG6i94/s1600/Filmer+les+camps+affiche.jpg
Photographie de cadavres gisant dans un wagon, prise par un opérateur de la SPECOU, Dachau, 2 mai 1945
© Margaret Herrick Library, Academy of Motion Pictures Arts and Sciences, Beverly Hills, Californie
Georges Didi-Huberman, Remontages du temps subi. L'Oeil de l'histoire, 2

Paris : Editions de Minuit, coll. "Paradoxe", 2010.

EAN 9782707321367

272 p.

Prix 22,50EUR

Présentation de l'éditeur :

Quel est le rôle des images dans la lisibilité de l'histoire ? C'est la question reposée dans ce livre. Là où Images malgré tout tentait de donner à comprendre quelques images-témoignages produites depuis l'« oeil du cyclone » lui-même - le camp d'Auschwitz en pleine activité de destruction – cet essai traite, en quelque sorte, des images après coup et, donc, de la mémoire visuelle du désastre.
Une première étude s'attache à reconstituer les conditions de visibilité et de lisibilité – concurrentes ou concomitantes – au moment de l'ouverture des camps nazis. Elle se focalise sur les images filmées par Samuel Fuller en 1945 au camp de Falkenau et sur la tentative, une quarantaine d'années plus tard, pour en faire un montage doué de sens, une « brève leçon d'humanité ».
Une seconde étude retrace les différentes procédures par lesquelles le cinéaste et artiste allemand Harun Farocki revisite – et remonte – certains documents de la violence politique. On découvre alors ce que c'est, aujourd'hui, qu'une possible restitution de l'histoire dans le travail des images. Deux essais plus brefs évoquent successivement l'activité photographique d'Agustí Centelles au camp de Bram en 1939 (ou comment un prisonnier regarde les autres prisonniers) et le questionnement actuel de Christian Boltanski sur l'image en tant que reconnaissance, transmission et oeuvre de dignité.

Table des matières :

I
OUVRIR LES CAMPS, FERMER LES YEUX :
IMAGE, HISTOIRE, LISIBILITÉ

Image et lisibilité de l'histoire. Mémoire saturée, mémoire menacée : comment rendre lisible le ça d'Auschwitz ? Lisibilité et visibilité selon Walter Benjamin : «  reprendre dans l'histoire le principe du montage ». L'image comme singularité, « point critique » d'où se construit la connaissance historique. Éclair (fragilité de l'apparition) et constellation (surdétermination du phénomène).

La preuve : ouvrir les yeux sur l'état des lieux. Ouvrir les camps : l'Armée rouge à Majdanek et à Auschwitz, les premières images filmées par Roman Karmen. L'«  épiphanie négative » des camps : une visibilité sans lisibilité. Du constat (état des lieux) au contrat : l'image manipulée. Visée juridique des images militaires au procès de Nuremberg : preuves à charge ou pièces à conviction.

L'épreuve : ouvrir les yeux sur l'état du temps. L'état des lieux et sa limite : une temporalité intenable, décalée de l'expérience qu'elle documente. Rendre lisible l'état du temps : faire surgir le « point critique » par-delà la légende, recontextualiser les images dans un montage autre. Primo Levi, du Rapport sur Auschwitz au récit de l'ouverture du camp dans Si c'est un homme. Robert Antelme et l'épreuve de l'illisibilité.

L'indignation  : ouvrir les yeux des meurtriers. Samuel Fuller au camp de Falkenau, 7-8 mai 1945. Du témoin oculaire (eye-witness) à l'«  ouvreur d'yeux » (eye-opener). L'impossible du camp au-delà de l'effrayant. L'indignation des soldats face à l'indignité des bourgeois de Falkenau. Imposer un geste digne : rituel de mort accompagné de son témoignage visuel. Le film muet de Samuel Fuller. Dialectiser pour rendre lisible.

La dignité : fermer les yeux des morts. Samuel Fuller dans le film d'Emil Weiss Falkenau, vision de l'impossible (1988). Il n'y a pas d'imago qui vaille sans dignitas. Les paroles de Fuller comme éloge funèbre et construction de savoir. Cinq « faits de lisibilité » mettant en question l'auteur, la preuve, l'« atmosphère », les visages, la dignité. « Une brève leçon d'humanité en vingt et une minutes ».

Histoire et lisibilité de l'image. Pédagogie de Samuel Fuller : le motif de l'enfance. L'« innocence du regard » selon Serge Daney : porter le regard avant de trouver le point de vue, filmer « sans penser à mal » avant de penser le mal, marcher dans le camp avant de s'asseoir à la table de montage. Réponse à Hubert Damisch sur les « problèmes d'image ». Fuller et Welles. « On est prié de fermer les yeux » : fermer les yeux des morts pour garder nos yeux ouverts sur leur mort. L'histoire comme déposition. Où cesse la survie et où commence la survivance.

II
OUVRIR LES TEMPS, ARMER LES YEUX :
MONTAGE, HISTOIRE, RESTITUTION

Pourfendre (la violence du monde).
L'image comme objet de regards, de gestes et de pensées à la fois. Le poing levé de Harun Farocki : pensée élevée à la hauteur d'une colère. Feu inextinguible : le poing sur la table et la brûlure de cigarette. Farocki vs Chris Burden. La Dialectique de la Raison. Pourquoi la production des images participe-t-elle de la destruction des êtres humains ? Images militaires et de surveillance. Abstraction et liquidation. Critique de la violence. L'image comme objet technique, historique et juridique à la fois.

Réapprendre (tous azimuts). Le film en tant qu'essai  : un montage où les choses exposent leurs conflits. L'essai comme forme selon Adorno. Une lisibilité sans dictionnaire. Exégèse, critique, interprétation. Le « moment de la chose inextinguible ». Modestie, exigence, objection : une méthode impure et dialectique. Revoir, relire, remonter, réapprendre. Histoire anonyme (Giedion), machines de vision (Virilio), guerre des images (Kittler), déraison technique (Flusser). Désarmer et réarmer les yeux.

Reprendre (par la main). De l'archive à l'atlas. Le principe de Warburg : singularité du document et constellation du montage. Sursis : les images de Westerbork remontées par Farocki. Travail de lisibilité et travail de visibilité. Éthique du montage : « Comment montrer des victimes ? » Une pédagogie contre la « rééducation » par l'image. Offrir, ouvrir, prendre position. Farocki avec Vertov et Brecht : l'auteur comme producteur. Quand « le travail lui-même prend la parole ». Épique, dialectique, expérimental. Le spectateur émancipé.

Refendre (par le montage). Refendre : prendre position, ouvrir le visible. Images du monde et inscription de la guerre : des Lumières de la raison à la reconnaissance aérienne (Aufklärung) d'Auschwitz et à la barbarie documentée dans l'Album d'Auschwitz. Renverser les points de vue. De l'incomparable à la comparaison. Temps remonté : temps exposé selon une double optique. Table de montage, dialectique et refus de conclure. La comparaison comme exposition des complexités, images contre images. Installation, connaissance en partage.

Rendre (à qui de droit). À qui sont les images ? Droit privé ou droit public. Comment Farocki restitue à tous ce qu'il prend à certains. Ni détournement, ni appropriation stylistique à la Warhol. La restitution selon Derrida. Générosité : le comble. Modestie : les images comme bien commun. Respecter, profaner. Farocki dans les mondes de l'art. Au-delà d'Adorno. Le modèle Bresson. Farocki-Godard : qu'est-ce qu'un montage restitue de ce qu'il donne à voir ? Style ou clarté, art ou images, Malraux ou Warburg.

Comprendre (la souffrance du monde). Comprendre par les sens (proximité) et comprendre le sens (distance). Passibilité et lisibilité. Bilderschatz, ou le Bilderatlas comme Leidschatz  : Farocki avec Warburg et Blumenberg. Geste, cinéma, politique. Comprendre la souffrance dans nos « machines de guerre ». Éloge de la troisième personne : « L'émotion ne dit pas “je” ». La forme de l'essai, ou le moment de l'expression dans la pensée. Adorno et Kracauer. Comprendre et souffrir. Vers une « phénoménologie des petites images ».

Appendice 1
QUAND L'HUMILIÉ REGARDE L'HUMILIÉ

Quand l'humilié parvient à regarder malgré tout : Agustí Centelles au camp de Bram, 1939. Survie des images et revendication généalogique. Image et dignité. — Quand l'humilié qui regarde partage avec l'humilié regardé la même expérience : regarder et subir. État des lieux, états du sujet. Quand le hors-champ des images de camp est encore le camp. Regard impliqué, regard ouvrant le champ. — Quand le travail de l'humiliation est rendu visible : documents de la vie nue. Cercle de l'humiliation, cercle de la merde et cercle de la mort. La destruction de chacun et la reconstruction du semblable. — Quand le regard met en oeuvre un travail contre l'humiliation : la « rébellion permanente », le silence des dix-sept mille hommes ensemble. De l'expérience subie à l'expérience acquise : actes de savoir, actes politiques. Formes librement produites : objets, jeux, gestes.

Appendice 2
GRAND JOUJOU MORTEL

« C'est de la cendre, on en rit » : Christian Boltanski ou l'enfant gris. Être né en 1944 : sombrer ou jouer. L'artiste, déjà-mort et toujours-marmot. — Tas de vêtements et mâchoire de fer. Consécration et profanation. Personnes : la compossibilité de chacun et de tout le monde. Être « exemplaire » : dignité avec humilité. La question du semblable. L'oeuvre reconnaît et respecte les gens du commun, non le contraire. L'artiste parle de nous et non de lui. — Marcel Proust : l'émiettement du temps subi et son remontage. On ne joue plus. Un gigantesque joujou. « Nous sommes un puzzle de morts ». — Morale du joujou : jeu, guerre, art selon Baudelaire. Joujou du riche et joujou du pauvre : artiste consacré vs artiste enjoué. Gratuité et gravité du jeu. Transmettre par le jeu et par l'image. Anachronisme et généalogie. La dignité des disparus comme objet de l'image.

 

Url de référence :
http://www.leseditionsdeminuit.com/f/index.php?sp=liv&livre_id=2655

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Call for papers

 

Techniques of body awareness between Eastern and Western practices

Issues and perspectives in Physical Education

 

 

 http://www.healingwellstudio.com/images/fm335.png

 

 

Event : Seminar « Techniques of body awareness between Eastern and Western practices »,

             In meeting « Physical Education and Sport : Challenges and Future Directions ».

 

Place :  SHANGHAI, East China Normal University (ECNU),

             College of Physical Education and Health.

 

Dates :   8-11 / 06 / 2011.

 

Dead-line for abstract submission : 1st December 2010

 

Abstract instructions :  250 words maximum - Times New Roman, size 12 - english.

 

  
 

 

Seminar Presentation

 

Techniques of body awareness between Eastern and Western practices

Issues and perspectives in Physical Education

 

Techniques of body awareness (Chenault, Hamard, Hilpron, 2010) emerge in the 21st century, as a cross cultural meeting between Eastern and Western practices, to manage a better quality of life. Body techniques of meditation, yoga, qigong, taijiquan, martial arts or buto dance became more and more popular in Europe and North America during the second part of the 20th century. Even since then, body self-care has also grown with Fitness, Pilates, Feldenkrais and Alexander exercises, as well as physiotherapy, psychomotility or  contemporary dance. At the same time, media coverage of the Olympic Games changed the perception of body image around the world, and the teaching in Physical Education.

 

The experience of the human body became a singular space from which to create meaning : between old or new religion, traditional or modern medicine, scientific objectivity or artistic subjectivity. It has become also a reflection of the conflict between the values of libertarian capitalism and democratic idealism (Parlebas, 2002), for example : sports competitions push the body’s limits through a process of selection and performance ; this seems to be the opposite of meditative movements (Larkey & al., 2009) which are accessible to all and focus on well-being, such as Chinese traditional yangsheng. However, both disciplines promote a self adaptation to life through good health and moral values. The problem is to understand what kind of self transformation is happening, according to the nature of the interaction between mind-body and technique (Martin, 2000).

 

The challenge for future physical education curriculae is to bridge teaching methods between these two social approaches, in order to guide students to evolve as world citizens sharing an autonomous body awareness. Anthropological and sociological studies about body techniques (Mauss, 1936), self techniques (Foucault, 2001) and habitus in sport (Bourdieu & Waquant, 1992) enlighten this fundamental question of education. Phenomelogical and neurophysiological studies about body schema (De Preester & Knockaert, 2005) present new data to describe the processes of the embodied mind (Varela & al., 1993) and tacit knowledge (Yu, 2008) : paving the way for establishing an epistemologic foundation of body awareness techniques, future direction for innovatory teaching methods in physical education.

 

References :

 

Bourdieu, P., Wacquant, L. (1992). An Invitation to reflexive sociology. Cambridge : Polity Press.

Chenault, M. Hamard, A., Hilpron, M. (2010). «Introduction aux techniques de conscience du corps». Transverse, 2 (in press).

De Preester, H., Knockaert, V. (2005). Body Image and Body Schema - Interdisciplanary perspectives on the body. Philadelphia: John Benjamin Publishing Company.

Larkey, L., Jahnke, R., Etnier, J., Gonzalez, J. (2009). « Meditative movement as a category of exercise ». Journal of Physical Activity and Health, 6, 230-238.

Martin, E. (2000). « Mind-body problems ». American Ethnologist, 27 (3), 569-590.

Mauss, M. (1936). « Les techniques du corps ». Journal de Psychologie, 32 (3-4), 271-293.

Foucault, M. (2001). L'herméneutique du sujet. Cours au Collège de France, 1981-1982. Paris, Gallimard : Le Seuil.

Parlebas, P. (2002). « Réseaux dans les jeux et les sports ». L’année sociologique, 52(2), 314-349.

Varela, F., Thompson, E., Rosch, E. (1991). The Embodied Mind: Cognitive Science and Human Experience. MIT Press.

Yu, Z. (2008). « Embodiment in Polanyi’s theory of tacit knowing ». Philosophy Today, Summer 2008,126-135.

 

Key words :

 

Techniques of body awareness, body experience, embodiment, physical education, teaching methods, Eastern and Western practices.

 

 
 

 

Registration : $350 registration fee ($300 for ISCPES members) will cover three breakfasts, three lunches, an end-of-conference banquet, all conference transportation, and of course, the conference. Student registration is $150.


Lodging : Single and double rooms will be available for $70.00, $40.00 or $ 30.00 a night.


More details about international meeting : www.iscpes.ecnu.edu.cn

 

 

  

Communications of the seminar will be publish in special edition of Transverse

(Metz, France, www.revues.org)

 

  

  

Contacts :


Marceau Chenault, post-doctor, East China Normal University: marceau.chenault@gmail.com
高强Gao Qiang, post-doctor, East China Normal University: gaoqiang.ecnu@gmail.com

 

--
Marceau Chenault
Post-Doctor, College of Physical Education and Health,
East China Normal University, SHANGHAI
舍马索, 博士后老师,  中国, 上海市, 普陀区
同普路158弄, 华东师范大学青年教师公寓2号楼 203室, 邮政编码200062
e-mail : marceau.chenault@gmail.com



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Appel à communication
Groupe de Travail N°41 de l’Association Française de Sociologie
Corps, Techniques et Société
Congrès de l’AFS, 5-8 juillet 2011 – Grenoble
« Corps et techniques : dépassement, déplacement, distance »
Le Groupe de Travail n°41 « Corps, techniques et société », de l’Association
Française de Sociologie, rassemble depuis 2007 des chercheurs en sciences humaines et
sociales qui abordent de manière transversale la relation étroite et problématique qui lie les
corps et les techniques.
Nous traiterons pour ce colloque de la question du déplacement, du dépassement et de
la distance des/entre les corps et les techniques – dans la continuité du séminaire des années
2009-2011 du GT 41 – à partir de terrains de recherches, mais aussi d’approches plus
théoriques. Quels procédés techniques permettent aujourd’hui de déplacer les limites du
corps ? Quels sont les déplacements de « frontières » en cours ? Quels types de distances ces
procédés engendrent-ils ? Ces questions s’inscrivent particulièrement dans le thème général
du congrès « Création, innovation » qui nous servira donc de fil conducteur : innovations
techniques, créations des corps ? Créations technologiques, innovations corporelles ?
Axe 1 : Dépassement.
La perspective du dépassement poursuit la réflexion sur les frontières et les limites du corps.
Le franchissement des frontières du corps est matérialisé dans les différentes figures du corps
augmenté ou modifié à travers des prothèses (implants, prothèses mécaniques ou
électroniques) ou des traitements pharmacologiques (dopage, stimulation chimique,
contraception ou stimulation hormonale), ou encore par des pratiques médicales, parfois
encore exploratoires ou à venir (médecine régénérative, clonage, procréation assistée,
nanomédecines, chirurgie esthétique, changements de sexe, modifications transitoires,
ponctuelles ou définitives de genre…). Tous ces modelages de la chair, ces améliorations ou
augmentations (human enhancement) que la technique rend possible et accompagne, toutes
les techniques in corpore qui font des corps des « artefacts techniques » parmi d’autres (J.
Wajcman, 2002), révèlent jusqu’à quel point il est désormais impossible de définir les
frontières du naturel, du normal, du stabilisé. Si donc les techniques in corpore sont le résultat
des processus qui engagent des concepteurs des innovations, des acteurs scientifiques,
techniques, professionnels, des usagers, ces processus d’innovation introduisent non
seulement de nouveaux dispositifs mais aussi de nouvelles formes de normativité des corps,
de nouvelles pratiques, de nouveaux enjeux, de nouveaux jeux qui prennent place dans
l’interaction entre les concepteurs et les usagers, ces derniers et leurs représentations du corps.
Des usagers qui « font » aussi les techniques avec les usages qu’ils en ont : la manière dont ils
usent, détournent, modifient à leur tour ces techniques in corpore est ce qui nous interpelle.
Quelles sont les dimensions et les marges de l’appropriation ? Quel est le rôle du loisir, du
plaisir et de la mise à distance ou de la gestion de la souffrance dans les pratiques de
dépassement des frontières du corps ?
Axe 2 : Déplacement.
Notre interrogation sur l’humanisation des techniques et/ou la technicisation des humains,
entre artificialisation des humains et naturalisation des techniques, repose sur l’hypothèse
d’une redéfinition anthropologique de l’humain. Les discours sur le posthumanisme, ou la
postmortalité, les recherches scientifiques et les activités des laboratoires, les discours
prophétiques, les constructions mythologisantes des figures de l’homme hybride, celles de
l’homme a-mortel ou immortel, et jusqu’à l’imaginaire de la science fiction, constituent
l’horizon idéologique et culturel dans lequel les technologies semblent revisiter la définition
de l’humain. Les recherches et les pratiques technoscientifiques actuelles, accompagnées par
la réflexion éthique et philosophique, obligent particulièrement à regarder avec attention les
dépassements possibles des partitions humain/animal et à considérer la remise en discussion
de cette frontière. Sur ce même axe, il est central d’interroger la posture du chercheur, de
questionner les manières de travailler et concevoir ces nouveaux objets, de penser ces
innovations entre science, technologie et design. Si autre définition de l’humain il y a (réelle
ou envisagée), les résistances comme les adhésions à ces « déplacements » devront être
questionnées. Qui fait quoi ? Qui suit qui et pourquoi ? Et toujours : comment les innovations
entrent-elles dans des processus de redéfinition, d’adhésion ou d’exclusion, de la part des
acteurs ?
Axe 3 : Distance.
Ce dernier axe croise les deux précédents pour poser la question générale du lien social, à
partir de l’innovation technologique et de son inscription dans la chair. Comment vit-on avec
un corps modifiable et modifié ? On interrogera les processus d’étrangeté (distance à soi
même, ou aux autres), de recherche de distinction, individuelle ou collective, et de
« reconnaissance » sociale. Identité, race, genre sont autant de catégories qui construisent la
relation à soi et à l’autre. Le corps fabriqué, re-fabriqué, modifié, augmenté, par les
techniques contemporaines crée-t-il de la distance ? Cherche-t-il à l’abolir ? Un corps rendu
disponible à la modification pose aussi la question de sa normativité : les pratiques
scientifiques et technologiques biomédicales, par exemple, reposent sur la notion d’anomalie,
de pathologie, de standards, de moyenne, de mesure. Comment les techniques médicales
peuvent-elles être prescriptrices de normes corporelles, et sources de rapports sociaux
éventuellement « autres » ? Quels sont les paramètres proposés/imposés – socialement,
techniquement, scientifiquement, esthétiquement, éthiquement – qui indiquent ce qui est
normal et ce qui doit être amélioré, ce qui est acceptable ou ce qui ne l’est pas ? Quels sont les
domaines dans lesquels on expérimente la transformation (art, sport, handicap, santé,
vieillesse…) ? Et par quels processus (lobbying, promotion, underground, déviance, etc.)
peut-elle se généraliser ou être normalisée ?
Session commune RT 19 et GT 41 :
Lors d’une session conjointe, le RT19 et le GT 41 souhaitent questionner les innovations
technologiques en médecine et leurs implications en termes de rapport au corps d’une part, et
de nouvelles relations soignants-soignés d’autre part. Les innovations technologiques en
médecine sont nombreuses et ne cessent de progresser : imagerie numérique, en 3D, médecine
du futur (médecine expérimentale, individu bionique), biotechnologies… L’innovation
médicale concerne aussi aujourd’hui le domaine de la bioéthique (cellules souches, dépistage
génétique, médecine régénérative) et pose plus largement des questions sur la manipulation
des organismes vivants, sur leur statut et le développement de ce que S. Bateman appelle une
médecine hors corps. Quels sont les impacts de ces nouvelles technologies sur le corps ? Peuton
parler d’une nouvelle dépendance des corps ? D’autre part, les innovations technologiques
concernent également l’information des usagers et la communication entre usagers et
professionnels que l’on peut rassembler sous le terme e-santé. Il convient de s’interroger
d’abord sur le développement de la télémédecine (télésurveillance, téléconsultation,
télédiagnostic) et de son impact sur les relations soignants-soignés et sur les représentations
du corps et des organes malades ; l’interrogation porte ensuite, et plus largement, sur l’essor
de l’internet qui vient modifier les relations établies entre usagers et professionnels : de
nouveaux rapports de connaissances, d’autorité et de pouvoir, d’expertise émergent et
demandent de la part des usagers et des patients, des professionnels de la santé et des experts
médicaux, mais également des institutions, des ajustements nécessaires. Un thème associé est
celui de la pratique depuis quelques années d’un tourisme médical de la part des usagers,
généré par l’offre de ces nouvelles technologies, qui peut être également interrogé lors de
cette session conjointe.
Session commune RT31 et GT41 (extrait de l’appel à communication du RT31) :
Une session commune sera organisée entre le GT41 (« Corps, techniques et société ») et le
RT31 (« Sociologie des activités physiques et sportives »). L’axe directeur de cette
collaboration se situera à l’interface des orientations développées par ces deux équipes, tout
en cherchant à répondre, dans une optique transversale, à la question des créations et des
innovations technologiques et/ou corporelles liées au sport et aux activités physiques.
Les communications pourront par exemple porter sur le thème du dopage et de ses nouvelles
formes (qu’elles soient médicamenteuses, génétiques, et même mécaniques ou électriques
comme ce fut peut-être récemment le cas en cyclisme), ainsi que sur les nouvelles techniques
de dépistage qui en découlent. Les interventions pourront aussi aborder la question des
innovations en matière de culture matérielle : l'outil sportif envisagé dans l’évolution des
formes et des matériaux, qu’il soit considéré comme prolongement du corps (raquette, perche,
épée, etc.) ou comme remplacement d'un membre (nouvelles prothèses de course handisport,
etc.). D’autres approches relatives à la question des créations et des innovations pourront
enfin être traitées, en rapport avec les attentes transversales d’une telle session commune
reliant corps, techniques et APS sous l’angle des sciences sociales.
Modalités de soumission des propositions :
Les propositions de communications doivent être envoyées au plus tard pour le 18 décembre
2010, conjointement aux deux responsables du réseau, valerie.souffron@univ-paris1.fr et
caroline.moricot@univ-paris1.fr, afin d’être étudiées par les membres du bureau du GT 41.
Les propositions détaillées de communication devront se conformer aux exigences suivantes :
1- Une proposition de communication, en 7500 caractères maximum, espaces compris, soit
environ une à deux pages de texte, précisant les éléments suivants : thème(s) se rattachant à
la communication parmi les 3 axes proposés, objet de la recherche, stade de cette
recherche, données théoriques et principaux éléments de la problématique, terrain(s), types
de personnes interrogées et/ou corpus constitués, méthodes d’investigation et d’analyses
mises en oeuvres.
2- Un résumé de cette communication, répondant aux exigences de l’AFS, soit en 1400 signes
(espaces compris).
Le tout devra être enregistré en fichiers de format Word (2003 ou 2007) ou Pdf.
C’est sur la base de ces textes que les propositions seront sélectionnées, en fonction de
l’intérêt qu’elles présenteront pour les diverses sessions de notre groupe, ainsi que des
groupes avec lesquels nous nous proposons de créer des sessions communes (RT 19 Santé,
Médecine, Maladie et Handicap et RT 31 Sociologie du sport et des activités physiques).
Vous pourrez préciser votre éventuel intérêt pour l’une de ces sessions communes (les
programmes complets de nos collègues des RT 19 et 31 sont disponibles sur le site de l’AFS).
Tous les publics de chercheurs, enseignants-chercheurs, doctorants, sont concernés par cet
appel. Le GT 41 est composé de sociologues, anthropologues, philosophes et historiens et
toutes les disciplines des sciences humaines sont les bienvenues, dans la mesure où les thèmes
des communications s’inscriront dans ceux des axes de recherche énoncés ci-dessus.
Nous vous rappelons que vous devrez vous acquitter des frais d’adhésion à l’AFS et de
l’inscription au colloque pour pouvoir participer, dès lors que votre proposition aura été
retenue.
Le colloque se déroulera du 5 au 8 juillet inclus, sur le campus de Saint Martin d’Hères, à
Grenoble

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http://editionsflammarion.flammarion.com/docs/Contents/598/LesVisagesEtLesCorpsChereau-01.jpg

 

http://editionsflammarion.flammarion.com

 

Expositions thématiques
du 04-11-2010 au 31-01-2011

"Le Louvre invite Patrice Chéreau

Patrice Chéreau est le Grand invité du Louvre à l’automne 2010. Son programme intitulé Les visages et les corps, fait d’expositions, de théâtre, de danse, de lecture, de musique et de cinéma, est conçu comme une œuvre unique qu’on pourrait aussi intituler «Patrice Chéreau au Louvre».

Les visages et les corps

Exposition de Patrice Chéreau conçue avec Sébastien Allard et Vincent Huguet.
Scénographie: Richard Peduzzi.

Invité à concevoir une exposition au Louvre, Patrice Chéreau rend visible « ce que chaque visiteur fait peut-être en secret, cette façon de relier les œuvres d’art à ses propres émotions, à ses souvenirs les plus intimes ».

Il met en scène une quarantaine de peintures issues des collections du musée du Louvre, du Centre Georges-Pompidou, du musée d’Orsay… Leurs correspondances racontent d’une manière différente ce qu’expriment ailleurs dans le Louvre les autres rendez-vous que Patrice Chéreau donne au public".

 

http://www.louvre.fr

 

"Scopophilia 

Diaporama de Nan Goldin.

Nan Goldin poursuit depuis plusieurs années un journal intime qui est sans doute l’un des plus bouleversants récits qui soit. Les photographies qu’elle réunit en diaporamas fixent le tourbillon de la vie : l’amour, la mort, la maladie mais aussi la fête, la fragilité des relations humaines, l’espoir et le désespoir. Cette nouvelle œuvre créée pour le Louvre met en relation ses propres photographies de visages et de corps avec les photographies qu’elle a prises des œuvres du musée.

Très attaché à cet univers, Patrice Chéreau a proposé à Nan Goldin de se plonger à son tour dans ces « visages et ces corps » du Louvre et d’en donner sa version dans un nouvel opus.

Ces programmes bénéficient du mécénat principal de Pierre Bergé
et du soutien de Louis Vuitton.

En partenariat média avec Arte, France Inter et Les Inrockuptibles.

La création Scopophilia bénéficie du soutien de The Charles Engelhart Foundation et du Cercle des Jeunes Mécènes 
avec la collaboration des American Friends of the Louvre".

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http://multimedia.fnac.com/multimedia/FR/images_produits/FR/Fnac.com/ZoomPE/5/6/9/9782353410965.jpg

Les virtuoses du corps - Enquête auprès d'êtres exceptionnels

"Contorsionnistes, yogis, plongeurs en apnée, imitateurs, mimes, équilibristes, ventriloques, nez, oenologues, beat boxers, karatékas artistiques, acrobates urbains, fakirs...
Que savons-nous de ces êtres capables d'exploits corporels qui nous dépassent, expressions d'une variété humaine étonnante ? Quelles sont (es limites de l'humain ? L'auteur a mené l'enquête : quelles raisons secrètes les conduisent à escalader à mains nues des gratte-ciels, à mémoriser des centaines d'effluves pour créer des parfums ? Comment vivent-ils leurs prouesses au quotidien ? A travers une trentaine de rencontres inoubliables, l'auteur va au-delà du mythe et de la fascination créée par le cinéma ou le Guinness Book.
Il nous révèle le travail et les recettes de ces experts, leurs valeurs communes, les singularités des démarches, la fierté et les déboires de la célébrité".

 

Stéphane Héas est sociologue, maître de conférence Habilité à Diriger des Recherches en Sociologie à l'université de Rennes 2, France. Après des études d'histoire et de sociologie (DEA) à l'université de Nantes, il a réalisé sa thèse sous la direction de David Le Breton (université de Strasbourg) : "Les méthodes de relaxation comme médecine de ville ?", 1996. Il est membre du LARES LAS, Équipe d'accueil 2241, de l'université de Rennes 2, et du futur VIPS (Violences Identités Politiques Sports).

Ses enseignements et ses travaux de recherches concernent les activités physiques et sportives Outsiders (i.e. minoritaires, étranges, voire ostracisées) comme symbolisations des relations à soi, aux autres, au monde : méthodes de relaxation, arts martiaux, pratiques corporelles non fédérées (spéléologie urbaine, parkour, street golf, etc.), sports de tradition masculine exercés par des jeunes filles et des femmes (football, rugby).

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Stephane_Heas

www.maxmilo.com

 

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ci joint le programme de la journée d'étude du 26 
novembre 2010 "Des corps et des animaux entre technologie et nature : 
Animalité et robotique" organisée par le Groupe de Travail "Corps, 
Techniques et Société" (GT41/AFS) avec le soutien de l'Université 
Paris 1 et de L'ENSCI qui nous accueillera dans ses locaux.
Nous espérons vous y retrouver nombreux.
Bien cordialement,
Marina Maestrutti, Caroline Moricot et Valérie Souffron

GT 41 de l'Association Française de Sociologie
« Corps, techniques et société »

Des corps et des animaux entre technologie et nature :
Animalité et robotique
Journée d'étude

Vendredi 26 novembre 2010. 9h00 - 17h00

Ecole Nationale Supérieure de Création Industrielle (ENSCI)
48, rue Saint Sabin   75011 Paris   M° Bréguet-Sabin ou Chemin Vert

9h00-9h15 Accueil, présentation de la journée
Introduction : Marina Maestrutti, Caroline Moricot, Valérie Souffron 
(CETCOPRA, Univ. Paris 1)

1. Déplacements des frontières entre animaux, humains, robots.
Modérateur : Denis Vidal (IRD, EHESS)

9h15-10h00 Guy Theraulaz (Centre de Recherche sur la Cognition 
Animale, CNRS, Toulouse)
L'intelligence collective des insectes sociaux, un modèle pour la robotique ?

10h00-10h45 José Halloy (USE, Université Libre de Bruxelles)
Construire des groupes mixtes d?animaux et de robots pour étudier 
l?intelligence collective

11h00-12h30 Emmanuel Grimaud (LESC, CNRS), Stéphane Rennesson (LAU, CNRS)
Jeux d'espèces (scarabées, poissons, oiseaux). Une ethnographie 
comparée. Projection du film

13h-14h30 Pause déjeuner

2. Rencontre ou dépassement ?
Corps et comportements animaux à l'épreuve de l'artificiel.
Modérateur : Daniela Cerqui (Université de Lausanne, Suisse)

14h30-15h15 Dominique Lestel (ENS)
Les animaux ont-ils un avenir dans le contexte des technologies NBTIC?

15h15-16h00 Agnés Guillot et Jean-Arcady Meyer (ISIR, UPMC/CNRS)
Animaux-automates, animaux-robots : leurres, outils, modèles ou compagnons ?

16h00-17h00 Débat

Sans inscription - contacts : valerie.souffron@univ-paris1.fr   
Caroline.Moricot@univ-paris1.fr   maesma@libero.it
Sites : www.cetcopra.univ-paris1.fr    www.afs-socio.fr    www.ensci.com

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Appel à communications – Biotechnologies et interventions sur les corps

Appel à communications – Biotechnologies et interventions sur les corps

 

Appel à communications du RT 24
IV Congrès de l’Association Française de Sociologie

Grenoble 2011

Le 4e congrès de l’Association Française de Sociologie est consacré au thème : Création et innovation. L’appel à communication se consacre à ce thème général en le développant en trois axes. Chacun de ces axes constitue  une entrée privilégiée pour étudier les formes d’expression et les effets de l’innovation, les résistances qui lui sont opposées, à partir d’un éclairage par le genre/les rapports sociaux de sexe mais aussi via une lecture privilégiant l’articulation des rapports de sexe/genre aux autres rapports de pouvoir, poursuivant en cela la réflexion propre du RT depuis sa création.

Biotechnologies et interventions sur les corps

Les biotechnologies ont une influence déterminante dans la construction actuelle du corps humain et particulièrement sur la normalisation subjective de l’apparence. Nous proposons de réfléchir sur la façon dont les biotechnologies affectent les représentations du sujet corporel et normalisent les corps, en particulier ceux des femmes, qu’il s’agisse des techniques pour mincir, bronzer, se blanchir la peau, ou de la chirurgie esthétique, des implants, du bracelet électronique etc. Le développement des nouvelles technologies, en particulier des innovations reproductives comme la procréation médicale assistée (fécondation in vitro et transfert d’embryon, etc.), ont constitué un thème central des études féministes durant les deux dernières décennies. Ces travaux ont notamment porté sur les liens entre les sciences reproductives et certains mouvements sociaux controversés en matière de contrôle de la natalité, d’eugénisme, et plus largement de contrôle des femmes. Plus récemment des travaux ont été réalisés sur la capacité des sciences et technologies reproductives à créer de nouvelles formes de vie via le génie génétique (clonage). Nous attendons des communications qu’elles analysent la manière dont les innovations scientifiques sont construites par les rapports sociaux de sexe, de classe et de race, mais aussi des communications qui appréhendent les innovations comme des espaces potentiels de transformation de ces rapports sociaux. Sont bienvenus tous les travaux qui traitent des interventions sur les corps ainsi que des effets des nanotechnologies sur la santé et l’environnement.

Les propositions de communication
(résumé de 3000/4000 signes avec 5 références bibliographiques significatives) sont à adresser d’ici le 22 Novembre 2010
à l’adresse suivante : rt24.afs@inv.univ-rouen.fr

 

 

Autres axes proposés

Innovation et division ethnique et sexuée du travail
Les travaux de Paola Tabet ont mis en évidence les liens qui existaient entre l’inégal accès des hommes et des femmes aux outils et aux techniques et la division sexuée du travail. La supériorité technique confère aux hommes un rôle stratégique dans la production et leur permet de contrôler l’activité des femmes. Qu’en est-il aujourd’hui ? De nombreuses recherches ont analysé la féminisation des métiers et des professions ainsi que les recompositions de la division sexuée du travail. La division ethnique du travail a également été l’objet de plusieurs analyses. Ces travaux ont cependant moins portés sur les enjeux de pouvoir liés à l’innovation. Dans quelle mesure, l’innovation et la maîtrise des techniques participent-elles à la construction des positions minoritaires versus majoritaires, que ce soit en termes de qualification ou de hiérarchisation des segments professionnels ? Nous attendons des communications qui interrogent les liens entre l’innovation et la dynamique des inégalités liées aux rapports de classe, de race et de genre dans le travail, au sein des professions mais également dans l’espace non marchand.

Domination, résistance et innovation socio-politique
Depuis 4 ans, l’un des groupes de travail du RT 24 réfléchit sur les luttes sociales et les résistances. Poursuivant dans cette voie, nous proposons ici d’analyser les rapports des dominé-e-s et/ou des « minoritaires » (au sens de Colette Guillaumin) et/ou des « subalternes » à l’innovation sociale et politique. Cette analyse contribue à saisir la complexité des rapports de pouvoir entre groupes dominés (de race, de sexe, de classe…) et groupes dominants (hétérosexuels, blancs, bourgeois…), entre minoritaires et majoritaires.  Il s’agira, dans une perspective qui tient compte de la co-formation des rapports sociaux de sexe, de classe et de race, de se demander sous quelles modalités les groupes dominés ou minoritaires/subalternes construisent une ou des positions politiques, théoriques, organisationnelles spécifiques. On pourra ainsi mieux appréhender ce que leurs luttes et leurs théorisations apportent aux processus de transformation sociale, mais aussi dans quelle mesure les groupes dominants ou majoritaires résistent à ces positions ou les empêchent d’émerger. Les propositions seront, de préférence, axées sur les innovations théoriques, politiques, culturelles, organisationnelles… proposées et/ou mises en pratique par les groupes dominés ou minoritaires dans les mouvements sociaux ou dans les formes d’organisations plus institutionnalisées (politiques, médiatiques, culturelles…). La manière dont ces innovations interagissent avec les actions ou les structures des groupes dominants ou majoritaires (pensée hégémonique, droit, police…) sera, si possible, mise en évidence.

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ANIMOTS : animaux et animalité dans la littérature de langue française, XXe-XXIe siècles

English version 

 

 

D. Marat : Femme crocodile livre

 

Projet soutenu par l’Agence Nationale de la Recherche

Responsable du projet : Anne Simon

Responsable pour Écriture de la modernité-Paris 3 : Alain Romestaing

http://www.ecritures-modernite.eu


 

Séminaire L’animal entre sciences et littérature

 

  • UN RÉSEAU DE RECHERCHE INTERNATIONAL

     Fondé sur un partenariat entre le CRAL (Centre de recherches sur les arts et le langage, CNRS/EHESS) et l’EA « Écritures de la modernité » (conventionnée CNRS, université Paris 3), le projet Animots (2010-2014), constitué de huit chercheurs, vise à pallier le manque d’une recherche organisée à moyen et long terme sur les animaux et l’animalité dans la littérature de langue française des XXe-XXIe siècles. L’appartenance de trois chercheurs à des établissements britanniques et américains permettra de tenir compte des renouvellements théoriques anglo-saxons et de développer la recherche en anglais et en français.
     Un séminaire pluridisciplinaire, un séminaire de recherche doctorale, deux journées d’étude, deux colloques, un congrès international et dix publications collectives conduiront à l’actualisation des réflexions en France, aux États-Unis et au Royaume Uni. 

  • ACTUALITÉ DE LA QUESTION DE L’ANIMALITÉ : UN CARREFOUR DE DISCIPLINES

     Les bouleversements historiques propres aux XXe-XXIe siècles ont engendré une intense activité intellectuelle sur la question de l’animal : du grand bond en avant darwinien et mendélien jusqu’aux pandémies les plus actuelles, en passant par la réification du vivant, l’extinction massive d’espèces ou les xénogreffes, la coupure anthropozoologique se trouve tantôt dramatiquement accentuée, tantôt remise en cause. De la philosophie à la biologie, en passant, pour ne citer que quelques disciplines, par le cognitivisme, l’histoire ou les sciences politiques, l’animal est envisagé comme un objet d’étude incontournable, provoquant des reconfigurations majeures du champ de la recherche : disparition de l’histoire naturelle, développement de l’écologie, de l’éthologie, de l’éthique…
     Dans ce concert intellectuel, les discours et représentations propres à la création littéraire sont rarement pris en compte par une critique académique qui aborde l’animalité selon des axes traditionnels restrictifs (analyses allégoriques ou symbolistes, études régionalistes, cantonnement à certains genres dits mineurs). Or depuis le début du XXe siècle, les écrivains sont légion à inscrire leur production dans les enjeux sociaux et épistémologiques les plus contemporains : il devient donc crucial de légitimer la question de l’animalité en études littéraires et de renouveler celles-ci par l’établissement de transversales avec d’autres disciplines. 

  • UN SUJET ÉMERGENT EN ÉTUDES LITTÉRAIRES

     L’animal, si « naturel » au niveau phénoménologique et existentiel, est en réalité un objet d’étude fuyant et démultiplié, construit par les chercheurs autant qu’étudiés par eux : le pluriel de l’acronyme du projet, tiré d’un néologisme créé par J. Derrida, vise à mettre en exergue le caractère réducteur du mot « animal », supposé rassembler des rapports au monde diversifiés, voire incomparables. L’acronyme rappelle en outre que la recherche se fera sur le terrain du langage critique et créatif : un travail définitionnel sera opéré sur des notions proches (« bête », « animal », « bestialité », « humanité »…) ainsi qu’une réflexion sur les inconvénients et les apports de l’anthropomorphisme. On examinera quels procédés narratologiques et stylistiques peuvent rendre compte de modes d’être réputés inaccessibles à l’humain (von Uexküll), et, au niveau cognitif, si des émotions comme la projection et l’empathie, souvent propres à la démarche scripturale, sont à même de donner accès à une altérité spécique. L’inscription des textes dans leur contexte scientifique de même qu’une reconfiguration de l’histoire littéraire seront mis en œuvre à partir de la problématique de l’animalité.
     Si l’animal, dont Moby Dick est le paradigme, s’avère un point de fuite pour la littérature (J.-C. Bailly), poésie et fiction, par la figuralité, n’en parlent pas moins de l’animal et pour l’animal (G. Deleuze), et apportent un savoir spécifique sur le vivant, et non pas seulement une représentation de celui-ci.

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Première séance du séminaire “L’animal entre sciences et littérature” : Dominique LESTEL

Mardi 7 décembre 2010, Université Paris 3-Sorbonne nouvelle, site Censier, 13 rue de Santeuil, salle 410, 4e étage, 14h-16h



Philosophe de terrain à l'École normale supérieure (Département d'Etudes Cognitives & Archives Husserl), directeur de l'équipe "Éco-éthologie et Éthologie Cognitive" du Laboratoire d'Éco-anthropologie & Ethnobiologie du Muséum National d'Histoire Naturelle. Il a notamment publié L’Animalité. Essai sur le statut de l’humain (Hatier, 1996; rééd. Les Cahiers de l'Herne, 2007), Paroles de singes. L’Impossible Dialogue homme/primate (La Découverte, 1995), Les Origines animales de la culture (Flammarion, 2001 et 2003), L’Animal singulier (Seuil, 2004), Les Amis de mes amis (Seuil, 2007), L’Animal est l’avenir de l’homme (Fayard, 2010), et, avec Thierry Bardini, Voyage au-delà de l'espèce (Dis Voir, 2010).



Le séminaire interdisciplinaire de recherche « L’animal entre sciences et littérature », animé par Anne Simon, constitue un axe majeur des activités du programme de recherche Animots. L’animal, qui semble si « naturel » au niveau phénoménologique et existentiel, est en réalité un objet d’étude fuyant et démultiplié, construit par les penseurs et les scientifiques autant qu’étudiés par eux. L’objectif du séminaire est de réunir les chercheurs des différentes disciplines traitant de l’animal, de l’animalité et des bêtes (autant de notions non superposables, auxquelles on ajoutera celles d’humanité, d’espèce, de bestialité ou d’inhumain), afin qu’ils présentent un état des lieux dans leur domaine, en revenant d’une part sur les débats et enjeux qui y font actualité, d’autre part sur leur propre travail. Cette large ouverture de compas permettra aux chercheurs en littérature de faire varier leurs définitions et leurs angles d’approche, pour aborder, en tenant compte à la fois des acquis épistémologiques les plus contemporains et des spécificités des outils critiques littéraires, la mise en mots des bêtes et des animaux dans la littérature de langue française des XXe-XXIe siècles.

Le séminaire est ouvert au public.

Animots : http://www.ecritures-modernite.eu/?page_id=4430
L’animal entre sciences et littérature : http://www.ecritures-modernite.eu/?p=5106


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Giving Birth to the New Science of Embodiment - Roundtable Discussion

 

Date: 12/08/2010

Time: 4:00 PM - 5:30 PM

Location: 125 Nolte Center for Continuing Education

Cost: Free and open to the public

Description:

Prominent scholars from an extraordinary range of fields are currently engaged in the founding of a broadly interdisciplinary science of embodiment. Disciplines include neurobiology, dance, philosophy, cultural anthropology, mathematics, psychology, semiotics, gesture theory, music theory and performance, disablity studies, articifial intelligence, and puppetry. The core insight lending inspiration to such an attempt is the acknowledgement of the human body’s unity of perception-in-action as recognized in Giacomo Rissolatti’s study of mirror neurons and Wolfgang Prinz’s common coding theories. These physiological discoveries have been revealed to be evidence of an embodied generator for higher cognition, incuding emotion, language, semiotics, mathematics, and logic.

This insight has been supported by Paul Valéry and Richard Schusterman (philosophy) , of Jean Cavaillès and Maurice Merleau-Ponty (gesture theory and linguistics), Patrizia Violi (semiotics), Martin Puttke, Simon Hecqwuet, and Sabine Prokhoris (dance theory), Merlin Donald (anthropology), Robert Hatten, Theodor W. Adorno, and Guerino Mazzola (music theory), Brian Rotman, George Lakhoff, and Rafael Núñez (mathematics), and Cecil Taylor, Marcel Marceau, and Francis Bacon (performing arts). In this roundtable, we will discuss the current status of the new science as a preview of the embodiment colloquium to be held at the Ecole Normale Supérieure in Paris on December 18, 2010, where the International Society of the Science of Embodiment will be given birth. The legal home of this Society will be at the University of Minnesota. The Society is also scheduled to inaugurate the Journal of Embodiment, to be published by Springer.

 Roundtable discussion with:

  • Prof. Alex Lubet, School of Music, U of M
  • Prof. Guerino Mazzola, School of Music, U of M
  • Romina De Novellis, École Doctorale Esthétique, Science et Technologie des Arts, Université Paris 8 Saint Denis
  • Bartek Plichta, Speech-Language-Hearing Science, U of M
  • Julia Robinson, School of Architecture, U of M
  • Prof. Matt Rahaim, School of Music, U of M
  • Prof. Michael Sommers, Department of Theatre Arts and Dance, U of M
  • Prof. Adriana Zabala, School of Music, U of M

 

(Photo credit: Hugues Roussell - Romina De Novellis at a public performance, La Festa di Santa Barbara, Rome 2008)

Contact:

  • Name: Institute for Advanced Study
  • E-mail: ias@umn.edu
  • Phone: 612-626-5054
  • Sponsored by: Institute for Advanced Study, Music, Interdisciplinary Graduate Group in Disability Studies

Parking:  

Reservation Information:  

More information: http://www.ias.umn.edu/symposiumBK.php

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